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Personne n'est sans ressource pour donner, jusqu'au simple refus de nuire.

حَدَّثَنَا آدَمُ، حَدَّثَنَا شُعْبَةُ، حَدَّثَنَا سَعِيدُ بْنُ أَبِي بُرْدَةَ بْنِ أَبِي مُوسَى الأَشْعَرِيِّ، عَنْ أَبِيهِ، عَنْ جَدِّهِ، قَالَ قَالَ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم ‏"‏ عَلَى كُلِّ مُسْلِمٍ صَدَقَةٌ ‏"‏‏.‏ قَالُوا فَإِنْ لَمْ يَجِدْ قَالَ ‏"‏ فَيَعْمَلُ بِيَدَيْهِ فَيَنْفَعُ نَفْسَهُ وَيَتَصَدَّقُ ‏"‏‏.‏ قَالُوا فَإِنْ لَمْ يَسْتَطِعْ أَوْ لَمْ يَفْعَلْ قَالَ ‏"‏ فَيُعِينُ ذَا الْحَاجَةِ الْمَلْهُوفَ ‏"‏‏.‏ قَالُوا فَإِنْ لَمْ يَفْعَلْ قَالَ ‏"‏ فَيَأْمُرُ بِالْخَيْرِ ‏"‏‏.‏ أَوْ قَالَ ‏"‏ بِالْمَعْرُوفِ ‏"‏‏.‏ قَالَ فَإِنْ لَمْ يَفْعَلْ قَالَ ‏"‏ فَيُمْسِكُ عَنِ الشَّرِّ، فَإِنَّهُ لَهُ صَدَقَةٌ ‏"‏‏.‏
Abou Moussa al-Ach'arî (qu'Allah l'agrée) rapporte que le Prophète ﷺ a dit : « Sur chaque musulman repose une aumône. » On lui demanda : « Et s'il n'a rien ? » Il répondit : « Qu'il travaille de ses mains, s'en serve et donne en aumône. » On lui dit : « Et s'il ne peut pas ? » Il répondit : « Qu'il aide celui qui est dans le besoin et sans recours. » — « Et s'il ne le fait pas ? » — « Qu'il recommande le bien. » — « Et s'il ne le fait pas non plus ? » — « Qu'il s'abstienne du mal : cela aussi lui sera une aumône. »

Rapporté par Abou Moussa al-Ach'arî (qu'Allah l'agrée)

Sahih al-Boukhari, n°6022


La leçon à en tirer

Rapporté par Abou Moussa, ce hadith se présente comme un dialogue en escaliers. Une affirmation d'ouverture (chacun doit donner), et une série de questions qui cherchent à faire tomber la règle : et si je n'ai rien ? et si je ne peux pas ? et si je ne le fais pas ? À chaque objection, le Prophète ﷺ descend d'un cran et propose un niveau plus accessible, jusqu'à la dernière marche, inattendue : s'abstenir du mal compte comme une aumône.

La cascade renverse la logique ordinaire du don. On pense habituellement que donner suppose d'avoir : de l'argent, du temps, des compétences. Le hadith refuse cette équation. Il décline quatre plans (travailler pour avoir de quoi donner, aider celui qui est en peine, recommander le bien par la parole, s'abstenir de nuire), et chacun est présenté comme une forme complète d'aumône, pas un pis-aller. Cette architecture a quelque chose de libérateur : elle dissout l'excuse « je n'ai rien à offrir », qu'elle retourne en une exigence plus vaste. On n'est jamais quitte, mais on n'est jamais exclu non plus.

Dans une société qui mesure la générosité à son coût monétaire et la valeur des contributions à leur visibilité, le dernier échelon (s'abstenir du mal) a une force particulière. Une journée sans médisance est une sadaqa. Une colère retenue est une sadaqa. Le silence quand la parole aurait blessé est une sadaqa. Le don, dans cette grammaire, n'est pas d'abord ce qu'on produit : c'est ce qu'on fait passer entre soi et les autres.

À appliquer concrètement

  • Une journée zéro médisance : s'interdire tout commentaire négatif sur un absent pendant 24 heures, et noter ce que ça change.
  • Aider quelqu'un avec ses mains (porter un meuble, bricoler, cuisiner) plutôt que par un virement : plus coûteux en temps, plus dense en lien.
  • Quand on ne peut rien donner ni faire : retenir une critique qu'on allait formuler, c'est déjà une action.
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